Le projet de l'Accoord pour 2016-2019

Mis à jour : 8/09/16
Texte "Projet de l'Accoord 2016-2019" approuvé par l'AG du 30-04-16.

Préambule

Le projet ci-dessous développé est le fruit d’un travail de construction collective qui a impliqué de nombreux acteurs de l’Accoord, par le biais des conseils d’équipements, des équipes permanentes, mais aussi par la mobilisation de nombreux collectifs de travail. Il constitue une référence partagée entre les acteurs de l’Accoord, il est une ressource en termes de sens qui doit aider chaque acteur de l’Accoord. Il doit aider les instances statutaires à orienter l’action de l’Accoord dans les prochaines années, il doit enfin aider les partenaires de l’Accoord à se situer par rapport à son projet. 

Il convient de définir les modalités de sa traduction opérationnelle, mais aussi les modalités de son évaluation. Elles seront demain annexées au présent projet.

Un enjeu : renforcer le projet, créer une dynamique

Une ambition globale

a. Un objet associatif clair, fondé sur les statuts 

L’objet associatif, formulé dans les statuts de l’Accoord vise à «développer l’action éducative, sociale et culturelle pendant le temps libre, sur le territoire de la ville de Nantes». L’Accoord se donne ainsi pour but « l’épanouissement de la personne par l’acquisition de l’autonomie et le développement du lien social »

b. Une vocation indissociablement éducative, sociale et culturelle source de lien social 

Le contexte économique et social se dégrade de façon permanente depuis de nombreuses années. Chaque jour, il tend à accroître un peu plus les écarts entre les populations les plus favorisées et celles qui le sont moins. Ces écarts, dans une société de consommation qui se développe inexorablement, rendent toujours plus insupportables les inégalités. Le lien social s’en trouve fragilisé, et progressivement notre société se fragmente, se fracture, se désagrège, et l’égalité réelle que nous visons s’éloigne un peu plus… 

L’Accoord agit pour le développement de la cohésion sociale. Sa vocation indissociablement éducative, sociale et culturelle la conduit à développer, à appuyer toutes les démarches, toutes les initiatives susceptibles de rendre chacun plus autonome et plus responsable dans la société. De ce fait l’action de l’Accoord a un caractère global et continu. Elle vise à la fois, l’individu dans sa singularité, et l’ensemble de la société, elle conduit les citoyens à « faire société ». 

c. Un avenir par l’éducation populaire 

On fait couramment remonter la naissance de l’éducation populaire à la révolution française et, parmi ses sources, on cite le rapport de Condorcet à l’Assemblée Nationale qui, dès 1792, évoquait « l’éducation pour tous les âges » et soulignait « le lien étroit entre éducation et citoyenneté ». 

L’Accoord, par sa genèse, se situe clairement dans la mouvance de l’éducation populaire. Soucieuse de l’individu, elle entend lui permettre de développer son autonomie, tout en attendant de lui qu’il s’engage dans la société au bénéfice de tous. Pour l’Accoord, l’apprentissage du « mieux vivre ensemble » doit s’inscrire dans la durée et nécessite d’être valorisé pour ce qu’il permet : construire le progrès humain

Accepter l’autre dans le respect de sa (ses) différence(s) est, pour l’Accoord, le préalable incontournable à l’émergence de projets collectifs qui, tout en préservant la liberté individuelle, visent à instaurer des libertés collectives. 

Le rôle de l’Accoord ne saurait se réduire à un rôle d’opérateur public délégué, elle doit aussi être considérée comme un lieu de rassemblement apte à créer du dialogue, des propositions, de l’action, voire de l’interpellation. C’est le sens de son engagement comme acteur de la cité et de la démocratie, comme acteur de la transformation sociale, comme acteur de l’éducation populaire.

d. Une posture visant le développement des synergies éducatives, sociales et culturelles 

L’Accoord s’inscrit résolument dans l’action au plan local, à l’échelle globale de la ville comme dans ses dimensions intermédiaires (quartiers, territoires,…). De fait, l’éducation et la culture sont des moteurs de progrès pour la société dans son ensemble, pour la société nantaise en particulier. C’est donc en créant, ou en participant à des synergies dans les domaines éducatif, social et culturel, que l’Accoord participe au développement de la cohésion sociale. Le développement des partenariats, notamment avec le tissu associatif local, constitue pour l’Accoord un moyen essentiel qui nécessite dans sa mise en oeuvre, ambition et réalisme. Agir pour la connaissance et la reconnaissance des rôles et des missions réciproques est donc essentiel pour permettre l’émergence de complémentarités, et soutenir efficacement les synergies éducatives, sociales et culturelles.

Un socle de valeurs de références

Pour l’Accoord, aujourd’hui, les doutes et les peurs qui gagnent progressivement une part importante de la population ne peuvent nous conduire à la résignation. S’il est difficile de « penser demain », il reste « essentiel de le projeter, de le rêver ». C’est en s’appuyant sur le socle de valeurs réaffirmées ci-dessous, et qui constitue, plus que jamais une perspective pour une « République du réel [i]» que l’Accoord agit pour tous et par tous. 

a. L’humanisme 

L’Accoord est attachée à favoriser, dès l’enfance, le développement de la personne, tant dans sa dimension individuelle que dans sa dimension sociale. Respecter l’Homme, c’est reconnaître la personne- y compris l’enfant et l’adolescent- en tant qu’individu singulier mais aussi en tant qu’être social. C’est donc respecter sa dignité. Cela vaut pour toute personne sans distinction aucune d’âge, de genre, d’origine, de situation sociale ou de religion. 

b. La liberté 

Dans l’absolu, c’est la possibilité pour l’individu d’agir sans contrainte. En réalité, la liberté est toujours relative : le principe de liberté est contraint par celui d’égalité qui suppose que chacun respecte la liberté des autres. Pour l’Accoord, l’autonomie -la capacité d’un individu à se déterminer lui-même - est, à ce titre, une condition nécessaire à l’exercice de sa liberté. La liberté individuelle s’exerce dans le respect de celle des autres. 

c. L’égalité 

Dans l’idéal républicain, tous les individus ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Tous n’ont cependant pas les mêmes possibilités d’exercer les droits qui leur sont théoriquement reconnus par la déclaration des Droits de l’Homme, ni même d’assurer leurs obligations. Pour l’Accoord, la prise en compte de la diversité des goûts, des intérêts, des capacités et des compétences est une volonté, un enjeu, une chance, pour mettre en oeuvre l’égalité. 

d. La solidarité 

La solidarité s’exprime par l’échange, l’entraide, le partage des connaissances et des richesses. Pour l’Accoord, elle invite à la réciprocité à condition de s’inscrire dans le cadre d’une reconnaissance mutuelle des droits. 

e. La laïcité 

C’est une valeur liée au respect mutuel. La laïcité va au-delà de la tolérance. Pour l’Accoord, elle invite à admettre, mais plus encore à comprendre l’autre. Elle implique alors de lutter contre toute atteinte à l’intégrité et à la dignité des personnes. Elle ne peut être contraire aux Droits de l’Homme.

Des principes d'action confortés

Pour l’Accoord l’action se construit dans la continuité. En 2012, nous avions dû, au sortir d’une « crise importante » redéfinir nos principaux principes d’action. Force est de constater que ceux-ci restent d’une vibrante actualité et caractérisent, notre mode d’intervention sur le territoire nantais. 

a. Articuler local et global 

C’est au niveau local que s’apprécie la notion de qualité de l’action éducative sociale et culturelle. C’est donc à ce niveau que se mesurent l’impact, la pertinence et l’efficacité des projets et des actions conduits. Pour autant, l’action de l’Accoord s’inscrit dans un cadre plus vaste, qui interagit avec d’autres niveaux de politiques publiques (département, région, Etat, Europe, ..). L’ambition même de notre projet vise l’individu, enfant, jeune ou adulte en tant qu’acteur local, mais aussi en tant que citoyen du monde. Articuler cette double dimension dans tous nos projets doit donc constituer un principe mobilisateur, vecteur de transformation sociale. 

b. La personne, porteuse de ressources pour le projet 

Chaque acteur de l’Accoord, est potentiellement porteur de ressources pour la mise en oeuvre du projet. Il est donc impératif de créer des dynamiques de partage et de développement qui prennent en compte ce potentiel et le mobilise au service de projets et d’actions cohérents avec le projet global de l’Accoord. La participation et l’implication des individus doivent être des bases pour créer le mouvement. La reconnaissance et le développement de l’engagement des bénévoles doivent être promus. A ce titre la formation et la qualification des acteurs doivent constituer des préoccupations permanentes, propres à révéler, valoriser et développer les personnes et leurs compétences. 

c. Les « Droits fondamentaux [ii]» un repère et une exigence pour notre action 

L’espace démocratique recouvre les droits et obligations sur lesquels les citoyens d’un Etat de droit doivent s’entendre. C’est l’espace de la loi qui assure le respect de la liberté de chacun. La démocratie et l’organisation garantissent et organisent la société de telle sorte que soient applicables les « Droits fondamentaux ». Ces droits sont à la fois des objectifs à atteindre, mais aussi des principes à respecter. La référence permanente à ces droits doit inspirer la mise en vie de nos projets et actions. C’est en cela que l’Accoord joue un rôle essentiel dans la démocratie, et participe de l’émergence d’une société plus juste et plus solidaire

d. La coopération, plus que la compétition 

L’Accoord n’est pas favorable, même s’il domine, à un monde où la compétition est le seul modèle de développement proposé aux publics de son action, et aux enfants et adolescents en particulier.

L’Accoord veut faire de la rencontre de l’autre, le ferment de la transformation, voire du progrès social. Il s’agira donc concrètement de valoriser fortement ce qui permet de progresser en faisant progresser l’autre. La pratique de la coopération, est donc à ce titre un enjeu réel, donc un principe central dans la mise en oeuvre du projet. 

e. Le développement durable, au coeur de notre projet 

La notion de développement durable contient l’idée même que nous sommes responsables des conséquences de nos choix et de nos actes vis-à-vis de nos concitoyens comme des générations futures. L’Accoord se reconnait dans la définition élargie lors des sommets de la terre (Rio 1992 et Johannesburg 2002) qui place la justice sociale et le combat contre la pauvreté comme des principes primordiaux d’un développement qui serait durable. Cela signifie que pour l’Accoord, les volets humains, sociaux et économiques du développement durable sont aussi fondamentaux que la protection de l’environnement. Cette approche a donc vocation à s’intégrer à toute action éducative, sociale ou culturelle développée par l’Accoord, c’est le sens de l’Agenda 21 défini en 2014 par les acteurs de l’association.

Une ambition pour les 4 années à venir 2016-2019

Trois orientations majeures

Au-delà de l’ambition qui caractérise l’action socioculturelle de l’Accoord, rappelée ci-après, et en prenant en compte les évolutions de l’environnement d’une part, et les acquis de l’Accoord entre 2012 et 2016 d’autre part, il est possible de dégager, pour les quatre années à venir, trois axes de développement de l’action, trois orientations majeures

1. L’Accoord promoteur et acteur du développement de la qualité de l’action éducative, sociale et culturelle sur le territoire nantais 

Une des singularités de l’Accoord réside dans le fait que l’implantation de proximité des centres socioculturels permet de définir un projet local sur chaque partie du territoire nantais. Ce projet local se fonde bien sûr sur le projet social du centre socioculturel, mais, plus globalement, il intègre toutes les dimensions de mise en oeuvre de l’action au plan du territoire (accueil de loisirs, accueil jeunes, ludothèque, bibliothèque, cyberespace, ateliers, …). C’est normalement une garantie de cohérence de l’action et un gage d’efficience. En interrogeant en permanence la qualité de son action éducative, sociale et culturelle, l’Accoord se donne les moyens d’une action adaptée aux attentes et besoins des usagers, quels qu’ils soient et participe, par la même, au « bien vivre à Nantes ». 

2. L’Accoord promoteur et acteur de la citoyenneté active et créative sur le territoire nantais 

L’Accoord est une véritable association et entend s’assumer comme telle. A ce titre, et parce qu’elle se revendique comme association d’éducation populaire, elle vise l’implication de ses membres dans le projet associatif, dans l’action associative développée. C’est à ce titre que l’Accoord, en référence à ses valeurs, participe à la vie démocratique nantaise, mais aussi qu’elle permet à ses membres de développer leurs compétences citoyennes et de participer au développement d’un « mieux vivre ensemble ». L’ambition de l’Accoord intègre donc une dimension émancipatrice qui vise l’individu dans sa singularité, mais qui vise aussi le développement de lien social et, par la même, la cohésion sociale. La citoyenneté active et créative, c’est faire confiance à l’intelligence et aux compétences des acteurs, quels qu’ils soient. 

Cela passe nécessairement par l’engagement et l’implication de ces acteurs dans ce qu’ils veulent promouvoir et transformer. 

3. L’Accoord promoteur et acteur des synergies nécessaires à la construction de la « Ville harmonieuse » 

L’Accoord développe une grande quantité d’actions sur des plans très diversifiés. La cohérence de ces actions avec le projet de l’Accoord doit être une priorité de tous les instants. En choisissant, en 2012, de structurer son organisation en appui sur quatre Grands Quartiers, l’association a démontré sa volonté de renforcer la cohérence entre l’action de proximité conduite par les Centres socioculturels, et l’ambition partagée dont est garante l’Accoord au plan global (le projet associatif). L’Accoord a un rôle de premier plan à jouer sur le territoire nantais afin de faciliter la construction de la « Ville facile » pour les Nantais, les habitants de la métropole et les visiteurs. 

Le fait d’être délégataire du service public tend, de fait, à atténuer la lisibilité de l’Accoord en tant qu’acteur associatif, parfois même à la troubler… Il y a donc un véritable enjeu à réaffirmer les multiples facettes de notre action au quotidien, et à mieux les articuler avec l’action des autres associations, comme avec celles des pouvoirs publics, voire des acteurs économiques

Ce travail doit nous amener à ré-exprimer notre identité propre, celle qui doit être le reflet de notre ambition.

Une ambition globale pour l'action éducative, sociale et culturelle

L’Accoord demeure une structure originale et singulière dans le paysage de l’animation, au regard de son champ d’intervention très vaste, de sa vocation indissociablement éducative, sociale et culturelle, et de ses missions diversifiées ; l’Accoord occupe ainsi une place importante sur le territoire nantais dans le champ de l’animation sociale et culturelle. 

Les années 2012-2015 ont objectivement été marquées par un important travail de restructuration, de réorganisation de nos métiers, au service de l’ambition définie dans le projet associatif 2012-2015. Une attention toute particulière a été portée à la dimension socio-éducative de notre action, action pour laquelle nous sommes en grande partie délégataire de service public. Cette attention a notamment permis d’adapter l’offre d’accueil de loisirs aux nouveaux rythmes scolaires, de transformer notre offre d’animation en direction des adolescents, de redéfinir notre projet éducatif, mais aussi de définir un référentiel qualité de l’accueil éducatif

Sur le volet socioculturel de notre action, les avancées n’ont pas non plus manquées, on peut pointer notamment la dynamisation de la vie associative de l’Accoord, le développement important du projet culturel, la définition d’un projet « d’accompagnement à la scolarité », la construction d’un référentiel de qualité de l’accueil dans les centres socioculturels, etc. 

Pour autant que soient acquises ces évolutions, il semble essentiel pour les années qui viennent de recentrer notre action sur une approche plus globale et plus transversale de nos missions éducatives sociales et culturelles. « Construire de la transversalité », entre nos différents modes d’action doit constituer une quête permanente, qui au final doit permettre à nos membres de s’inscrire de façon plus dynamique et plus engagée dans nos projets. Dans cette approche, il conviendra, bien sûr, de prendre en compte leur propre « pouvoir d’agir », et de permettre sa mobilisation sur des actions et projets pertinents pour le plus grand nombre.

Une ambition particulière dans 10 domaines d'action

1 Le centre socioculturel

Trois questions majeures se posent aujourd’hui quant à l’évolution des Centres socioculturels gérés par l’Accoord et induisent une nouvelle ambition : 

  1. L’évolution des équipements d’animation sociale et culturelle, telle que voulue par la ville de Nantes interroge ce qui fonde l’identité des Centres Socioculturels (CSC) de l’Accoord. La multiplicité des configurations et appellations (maisons de quartier Ville, maison de quartier, centres socioculturels,…) nécessite l’adaptation des projets sociaux, mais trouble aussi l’identification du CSC par les usagers et plus largement par les habitants. 
  2. Au-delà de son contenu, la juste place du projet social est aussi un élément de questionnement permanent. Le projet social doit traduire une ambition, construite avec les habitants du quartier de rayonnement du CSC, et ce, sur la base d’un diagnostic partagé. Aujourd’hui, l’existence de 11 schémas de Développement de Quartier (un par Quartier Ville) voulus par la Ville de Nantes, comme outils de cohérence des politiques publiques sur un territoire, oblige l’Accoord à situer ses Projets Sociaux de CSC en lien avec ces schémas, comme du reste en lien avec la déclinaison territoriale des politiques publiques municipales (PASC, PEDT, projet culturel de territoire, …) [iii]
    A ce titre, il demeure essentiel, dans les quartiers « politique de la Ville »[iv], que les projets sociaux des CSC s’inscrivent dans les objectifs du contrat de Ville. 
  3. Le Projet social demeure ce qui fonde l’action du CSC en matière d’animation globale sur son quartier de rayonnement. C’est à travers l’action qui en découle que se vit la notion de proximité aux habitants. 

Pour autant, l’Accoord est une association qui rayonne sur l’ensemble du territoire nantais, via notamment les 18 CSC qu’elle gère. L’association se doit donc d’avoir une forme de cohérence dans son intervention sur l’ensemble du territoire. Le cadre global défini par le projet de l’Accoord constitue donc une matrice dans laquelle doit s’intégrer chaque projet social de CSC.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • Un véritable travail sur le renforcement de l’identification et de la fonction d’information de nos CSC est nécessaire afin d’en renforcer le repérage et la visibilité et l’efficacité. 
  • Les CSC Accoord revendiquent d’être des lieux ouverts sur le quartiersur la Ville. Ils s’inscrivent, de fait, dans un Projet local global, où ils sont à la fois « Centre où on accueille », mais aussi « Centre d’où sont projetées des initiatives sur le territoire ». 
  • Les CSC Accoord doivent continuellement résoudre la question de l’accessibilité de leur action. Soucieux de l’égalité, de la non-discrimination, respectueux du principe de laïcité, ils ont vocation à agir avec l’ensemble de la population d’un territoire en facilitant le brassage et la mixité. Dans un contexte socio-économique qui se durcit, ils portent une attention forte aux personnes les plus vulnérables, et les plus en difficulté afin de faciliter leur accès au CSC. En cela ils constituent un levier pour l’inclusion sociale
  • L’exigence de participation des habitants, qui constitue une des ambitions majeure du projet de l’Accoord doit être parfaitement intégrée dans le projet social. La recherche de nouvelles méthodes, l’expérimentation de nouvelles formes de participation doivent être recherchées dès la construction même du projet. L’Accoord dans son ensemble doit mieux mutualiser les « bonnes pratiques » et chercher à les diffuser le plus largement possible. 
  • Les CSC de l’Accoord ont, dans le territoire, vocation à interagir avec les associations et les partenaires institutionnels. Les liens aux partenaires associatifs du territoire constituent à la fois un enjeu et une ressource centrale pour le projet social du CSC. 
  • Une ambition plus importante doit être fixée en matière d’évaluation de l’action, mais aussi de l’impact de nos CSC.

2 Economie sociale et solidaire (ESS) et Développement Durable 

L’ACCOORD, de par son statut, est une organisation qui relève de l’ESS. Le travail effectué depuis plusieurs années lui permet de s’affirmer dans ce champ dans plusieurs dimensions : 

  • L’élaboration collective, en 2014, d’un Agenda 21 fondé sur 20 actions prioritaires a significativement marqué l’entrée de l’Accoord dans une démarche de Développement Durable. S’il reste en la matière encore beaucoup à faire, il est permis de considérer que, au bout d’un an, des progrès significatifs ont déjà été effectués. 
  • L’Accoord, de par ses missions et ses modes d’action, est un acteur central du « Vivre Ensemble ». Le développement du lien social est constitutif de notre action, et la solidarité constitue l’une de nos valeurs fondamentales. C’est à ce titre qu’une attention forte doit être portée au fait que l’action conduite au titre de l’ESS, ou du Développement Durable, ne renforce pas les formes d’inégalités déjà existantes, mais au contraire les atténue. 
  • L’Accoord est une association, mais aussi un « agent économique important au plan local» qui participe donc de ce fait de l’ESS [v]. Au-delà, de cet état de fait, la recherche d’un fonctionnement associatif toujours plus impliquant et plus démocratique traduit l’adhésion de l’association aux valeurs de l’ESS. 

L’Accoord, acteur éducatif de premier plan sur le territoire nantais se doit d’orienter son action éducative sur la prise en compte de ce qu’est l’ESS dans notre monde. Permettre la compréhension des enjeux et la prise de conscience d’une action possible semble essentiel, et participe aujourd’hui de l’ambition éducative formulée dans le Projet Educatif de l’Accoord. [vi]

La question de la consommation, et des modes de consommation est aujourd’hui plus clairement posée à l’Accoord. En tant qu’acteur économique, notre exigence doit être forte en la matière, et des progrès signifiants restent à faire. En tant qu’acteur éducatif, notre intervention doit être plus déterminée et visible.  

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • Si des résultats sont d’ores et déjà enregistrés, il demeure essentiel de poursuivre la mise en vie des 20 actions prioritaires de l’Agenda 21 de l’Accoord. Un rapport annuel doit absolument permettre d’objectiver les « progrès en développement durable » effectués par l’association. 
  • L’action éducative de l’Accoord envers ses divers publics doit encore être renforcée sur des sujets fondamentaux comme le développement durable, l’éducation à l’environnement, la consommation, la participation, la solidarité, … 
  • Inscrire plus fortement nos ambitions en matière d’ESS dans chacun des projets sociaux en renouvellement. Inscrire plus clairement les résultats attendus en termes de pilotage des projets sociaux. Consolider et valoriser ces résultats à l’échelle de l’Accoord
  • Le développement du partenariat sur ce champ d’action est aussi une nécessité pour l’Accoord. Le CSC constitue le bon niveau de concrétisation du partenariat, notamment au regard de la multiplication des initiatives sur le sujet dans les quartiers. 
  • Inscrire plus fermement l’action de l’Accoord dans les initiatives nantaises liées à l’ESS (monnaie locale, récupération-recyclage, économie collaborative, circulaire, solidarité, grands débats…). 

3 Eduquer et former pour participer et s’impliquer dans la vie locale 

Les sociétés locales sont aujourd’hui à la recherche de modes d’implications et de participation qui soient à même de réduire la fracture qui s’est aujourd’hui créée entre le peuple et ses élus ! Comprendre le fonctionnement de la Cité, pour pouvoir au quotidien tenter d’agir dessus, participer à la « fabrication de la Ville » au bénéfice de la transformation sociale sont assurément des enjeux qui intéressent l’Accoord en tant qu’association d’éducation populaire. Cet intérêt est d’autant plus important que la Ville de Nantes exprime une véritable ambition de « dialogue citoyen ». 

Sur un plan, il faut noter que dans notre pays comme au plan Européen, il est de plus en plus fréquent de mettre en évidence ceux qui cherchent en permanence à exacerber la peur de l’Autre, à stigmatiser la différence ! Dans ce contexte, la rencontre des autres, la rencontre et le croisement des cultures sont assurément des leviers susceptibles de contribuer au « mieux vivre ensemble ». Au-delà d’une éducation à la tolérance, c’est d’une véritable éducation à l’altérité que l’Accoord doit se revendiquer ! La prise en compte de l’altérité, c’est : « ma liberté qui s’étend au travers celle des autres, impliquant l’attention aux autres, le respect fondamental et l’ingérence dans les situations identifiées comme portant atteinte aux droits fondamentaux des humains d’être eux-mêmes et chacun différent » [vii]

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • La participation, l’implication des citoyens dans la vie locale (au-delà même de l’Accoord) est assurément un ferment de notre démocratie. Permettre l’implication du plus grand nombre, dans le développement des projets qu’ils soient d’essence associative ou institutionnelle, permet d’éviter la relégation de chacun à la seule logique de « consommation de service » ! L’Accoord doit donc le promouvoir fermement, à partir de ses propres structures… mais en les dépassant ! 
  • La laïcité est une des valeurs auxquelles notre association se réfère avec force et conviction. Pour autant, dans le quotidien de notre action, la mise en vie du principe de laïcité (qui garantit les valeurs de la République), reste parfois compliquée pour nos professionnels, comme pour les bénévoles. Une action formative d’ampleur doit être poursuivie sur ce sujet, afin que l’Accoord participe à aider chacun à penser, en toute sérénité son rapport à l’autre, son rapport au monde. C’est là, la base d’une véritable éducation à l’altérité. 
  • La participation des enfants et des adolescents est un chantier sur lequel l’Accoord doit pouvoir s’engager avec volontarisme. La mise en place du PEDT constitue en l’occurrence une opportunité pour expérimenter rapidement, à grande échelle, là où les expériences sont pour l’instant confinées dans certaines structures. 
  • La prise de conscience de l’utilité d’une implication plus forte de nos bénévoles (voire de certains de nos professionnels), dans les dispositifs de dialogue citoyen promus par la Ville de Nantes est un enjeu. Ceci est vrai à l’échelle du quartier, comme à l’échelle de la Ville (ex : « débat sur la transition énergétique » prévu en septembre 2017), ou encore dans l’espace numérique (ex : nantesco.fr). 
  • Le déploiement du nouveau contrat de Ville prévoit également la mise en place de « conseils citoyens » (Nantes Nord et Malakoff). Sur ce champ également il semble important d’inciter les habitants de ces quartiers à y participer. 
  • Fort de cette ambition, il parait nécessaire de développer sur le moyen terme un véritable plan de formation et d’accompagnement, à destination de tous les publics susceptibles de s’inscrire dans des démarches de participation à l’échelle des quartiers ou de la Ville. 
  • Le nouveau « projet de développement associatif » qui sera défini devra prendre en compte cette logique et imaginer une forme d’animation soit plus fortement inscrite dans une « démarche d’interpellation publique », en lien avec les élus Ville siégeant à l’Accoord par exemple. 

4 Contribuer à l’appropriation des espaces numériques 

Les écrans et le numérique irriguent la vie de tout un chacun aujourd’hui, et ce, dès le plus jeune âge ! C’est un fait, les outils développés, de plus en plus puissants, constituent, dans l’absolu, un progrès signifiant dans la construction et l’accès à la connaissance. Dans le même temps, il ne faut cependant perdre de vue que ce que l’on appelle « la fracture numérique » tend à se développer. L’écart se creuse entre les populations les plus agiles avec ces outils et celles qui en sont le plus dépendantes ! 

L’Accoord agit depuis de nombreuses années sur le champ du « numérique » via notamment l’action de ses cyberespaces. Les dernières années ont été l’occasion de multiplier et diversifier les initiatives, et de fait aujourd’hui l’Accoord développe des projets dans de multiples directions : Web radio et TV, labJ, jeux vidéo, photo numérique, vidéo, réseaux sociaux, …

Contribuer à l’appropriation des espaces numériques est une nécessité pour l’Accoord au regard de plusieurs aspects : 

  • Son public en majorité très jeune, souvent agile en termes d’usage, mais pas toujours d’usage raisonnable ; c’est vis-à-vis de ce public que notre rôle éducatif doit être le plus affirmé, 
  • Son action auprès des plus fragiles, des plus défavorisés de nos concitoyens, 
  • Sa mission d’éducation populaire, visant l’éducation et la formation tout au long de la vie, 
  • Son maillage du territoire par les CSC, mais aussi les accueils de loisirs, et son rôle d’accueil des habitants, 

Sur cette base, il semble bien nécessaire, afin de se situer dans les enjeux de notre temps d’intensifier notre action en la matière, et de l’assumer pleinement.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • A l’évidence, en tant qu’acteur éducatif, il faut à l’Accoord accroitre encore ses efforts pour éduquer à l’usage raisonnable des outils numériques. Comprendre, pour utiliser et agir en conscience doit être la priorité de notre intervention vers les plus jeunes, c’est à ce prix qu’une « culture numérique responsable » sera un atout pour leur avenir, et pas une aliénation. 
  • L’envahissement inéluctable de nos différentes sphères de vie par le numérique, accroit les difficultés des plus fragiles et des moins favorisés. Si l’on veut considérer qu’il y a là les germes d’une nouvelle forme d’exclusion, l’Accoord se doit d’intensifier une action « alphabétisation » de ces publics en la matière. 
  • Dans cette perspective, la formation de nos propres professionnels et bénévoles doit devenir une priorité, pour leur permettre de jouer un rôle de médiateur, de passeur sur le sujet.
  • Les projets d’animation visant à la promotion et à la valorisation de l’usage du numérique doivent être encouragés et démultipliés. L’Accoord, fort d’un maillage territorial fondé sur les cyberespaces, mais aussi d’initiatives déjà reconnues doit devenir une forme de « pépinière des projets d’appropriation des espaces numériques », dans chacun des 11 quartiers nantais, de nouveaux projets et de nouveaux lieux de pratique doivent pouvoir être identifiés. 
  • Le développement du partenariat sur ce champ est aussi essentiel. Il sera notamment promu en veillant à ce que l’action développée le soit au service de ceux qui en ont le plus besoin. L’Accoord peut, pour des organismes plus spécialisés en la matière, constituer un partenaire efficace de démultiplication de l’action. 
  • La communication de l’Accoord, doit aussi s’affirmer plus nettement dans les espaces numériques. Le tâtonnement des dernières années doit maintenant déboucher sur des projets plus structurés et mieux relayés. 

5 Renforcer la participation à la vie de l’association 

La période 2012-2015 a permis la mise en oeuvre de chantiers importants en termes de fonctionnement associatif. La réforme des statuts et du règlement intérieur, puis la définition d’une charte de fonctionnement associatif ont permis de préciser les différentes responsabilités au sein de l’association. Le travail de la mission « Développement de la vie associative » a aussi permis de poser des actes en termes de régularité de rencontre, de formation, d’information, … Pour autant, les questions de la place des usagers et des Conseils d’équipement dans la gouvernance de l’Accoord reviennent de manière récurrente dans les débats. Logiquement, dans une association comme l’Accoord, fortement professionnalisée, la question des interrelations entre bénévoles et professionnels est un objet permanent d’échange. Bien qu’il n’y ait pas particulièrement de tensions dans cette interrelation, on perçoit pour autant très bien que chacun se cherche sur le sujet.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • A l’évidence, il convient avant tout de conforter et de renforcer la mission « développement de la vie associative » définie et contrôlée par les instances de l’Accoord. Elle sera confiée à un professionnel, lui-même piloté par la direction générale. Cette mission, en référence à la « charte de fonctionnement associatif » de l’Accoord doit permettre un fonctionnement homogène de l’ensemble des Conseils d’équipement, respectueux des valeurs et du projet global de l’Accoord. 
  • Cette mission devra pouvoir s’appuyer sur l’expression d’un « projet de développement associatif de l’Accoord » redéfini par les instances de l’Accoord. C’est dans ce projet que doivent pouvoir être revues les prérogatives de fonctionnement des conseils d’équipement. 
  • Le travail de formation engagé depuis plusieurs années doit pouvoir être poursuivi et sans doute intensifié. Une réflexion approfondie sur les « thèmes opportuns » de formation doit être conduite, une diversification des formes doit être recherchée. 
  • Sur le plan de la formation des professionnels, il semble opportun qu’une véritable démarche soit engagée pour construire les postures les plus adaptées au développement de la participation des bénévoles. Le travail sur « la fonction accueil » doit être également poursuivi avec les équipes de salariés, comme avec les équipes bénévoles. 
  • L’échelle du Grand Quartier est apparue, au prétexte des précongrès, comme une échelle de territoire très intéressante pour faire se croiser les membres de plusieurs conseils d’équipement et les professionnels et ainsi aborder des sujets de fond, comme des sujets de « vie locale ». 
  • Pour permettre la participation à la vie de l’association, la question de l’information et de sa circulation est essentielle. Il convient dans les années à venir de pouvoir densifier, mais aussi mieux cibler l’information vers les bénévoles notamment. 
  • La question de la valorisation du bénévolat au sein de l’Accoord est une composante sans doute importante visant à l’implication, la participation. Des initiatives structurantes en ce sens doivent pouvoir être développées. 

6 Développer notre ambition en matière d’action culturelle 

L’action des dernières années a véritablement permis d’élever le niveau d’ambition de l’Accoord en matière d’action culturelle. Le travail en partenariat, avec les institutions, comme avec le milieu associatif a permis le développement de projets d’ampleur, de qualité, touchant un large public et contribuant à la reconnaissance de l’Accoord sur ce champ. La place de la médiation culturelle n’a cessé de se renforcer, pour devenir sans doute le marqueur principal de notre action en matière d’action culturelle. La bonne articulation de notre action avec ce qu’entend promouvoir et soutenir la Ville de Nantes reste cependant assez difficile et mérite d’être améliorée. D’un point de vue plus global, le défi qui s’offre à l’Accoord maintenant réside sans doute dans la nécessité de mieux promouvoir et soutenir l’offre culturelle issue des CSC. Sans perdre l’acquis de ce qu’ont apporté les initiatives portées au niveau de l’Accoord (réseau partenarial, visibilité, qualité de l’action, …), il faut créer les conditions afin que les initiatives en termes d’action culturelle, qui partent des quartiers, trouvent la même visibilité, la même qualité, le même intérêt des partenaires. Des vecteurs culturels importants sont aujourd’hui développés et participent de la crédibilité de l’Accoord comme acteur de diffusion culturelle (sciences, techniques et numérique, interculturel, livre et jeu, multimédia, …). 

Pour cela, plusieurs chantiers doivent être engagés dans les années à venir.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • Il faut s’assurer que les initiatives prises par les CSC puissent être identifiées, soutenues et valorisées soit à l’échelle des Grands Quartiers, soit à l’échelle de l’Accoord. A ce titre, il semble que le Grand Quartier puisse être le bon niveau de définition d’un projet culturel de territoire
  • Le travail de partenariat sur le champ culturel, dans toutes ses dimensions, doit être poursuivi et amplifié, mais dans un rapport qui vise le renforcement de l’action sur les équipements. 
  • Un véritable travail doit être engagé afin de mieux valoriser l’ensemble, la diversité des initiatives de l’Accoord. Dans ce champ, la création culturelle doit pouvoir être soutenu, notamment par le développement des pratiques amateurs. Des outils sont à créer, ou à mieux utiliser afin de rendre visible et accessible les actions. 
  • Le développement de la Culture Scientifique, Technique et Numérique doit rester un levier fort de l’intervention de l’Accoord en matière d’action culturelle. Il y a, dans un monde ou le progrès scientifique et technique interroge tout un chacun, un véritable enjeu de citoyenneté. 
  • Pour l’Accoord l’interculturel est un enjeu majeur du « bien vivre ensemble ». Fort du travail engagé ces dernières années, il semble nécessaire de promouvoir plus fortement encore les projets qui invitent à la rencontre des cultures, qui invitent à comprendre l’autre et à l’accepter dans sa/ses différence(s). 
  • Dans son travail de médiation culturelle, l’Accoord doit pouvoir renforcer encore l’accessibilité à l’offre culturelle nantaise particulièrement dense au demeurant. 
  • L’Accoord est aussi un possible acteur de la diffusion culturelle, ses salles de diffusion, ses lieux de répétition, ses espaces livres et jeux sont autant d’atouts à mobiliser pour qu’une véritable politique de diffusion culturelle soit définie et mise en oeuvre. 

7 Favoriser, promouvoir l’engagement 

L’éducation populaire, l’animation socioculturelle constituent des terreaux exceptionnels pour permettre et faciliter l’engagement des citoyens. Parmi ceux-ci, les jeunes doivent constituer une cible particulière, car c’est de volontarisme notamment, que dépendra la richesse du lien social de demain. 

L’Accoord constitue un bon espace d’engagement volontaire. La diversité de ses activités représente une opportunité, propice à l’engagement éducatif, social ou culturel, dans une perspective de transformation sociale. Plusieurs expérimentations en direction notamment des jeunes ont ponctué les dernières années, mais faute de suite construite, le sujet n’a pas beaucoup progressé. Sans opposer les publics et en veillant à valoriser toutes les formes d’engagement, il semble utile d’accroître notre action en direction des plus jeunes de la tranche 16-25 ans, et d’intégrer la dimension de l’engagement à notre approche de l’animation.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir : 

  • Le rôle et la posture des professionnels semblent centraux dans cette question de l’engagement. Il est nécessaire de la retravailler, voire de développer un programme de formation adéquat afin de faciliter le positionnement. Des échanges de pratiques plus réguliers sur le sujet sont aussi nécessaires afin d’identifier autant que possible « les bonnes pratiques ». 
  • Le travail sur la fonction d’accueil doit rester très ouvert sur cette question de « l’invitation à s’engager » ! Des outils d’accueil et d’information sont vraisemblablement à créer pour soutenir cette volonté. 
  • La question de l’engagement des plus jeunes (16-18 ans) doit être véritablement intégrée à notre approche de l’animation de ce public. Les initiatives et dispositifs engagés doivent être revus, adaptés et inscrits dans la continuité. La valorisation doit être forte et stimulante pour ce public. 
  • Toujours concernant les publics jeunes, il semble peut être opportun d’envisager un espace de participation, d’implication formalisé au niveau de chaque Grand Quartier afin de faciliter l’identification, le repérage de ceux qui pourraient avoir envie de s’engager. Cet espace de partage doit permettre de penser l’implication des jeunes dans des chantiers divers, utiles pour l’Accoord et son projet. 
  • Enfin la valorisation de l’engagement, sous toutes ses formes doit être mieux valorisée au sein de l’Accoord. Diverses actions sur ce plan sont à entreprendre afin de « rendre plus attractif cet engagement » 

8 L’intergénérationnel 

L’Accoord a cette spécificité de développer des activités en direction de tous les âges de la vie… ou presque ! A ce titre, elle se doit d’être dynamique dans la rencontre des générations, voire à l’initiative d’actions, de projets facilitant cette rencontre, ce brassage, cette mixité. Trop souvent cette question de l’intergénérationnel est cantonnée à la rencontre des plus anciens avec les enfants… ceci est très réducteur de l’action conduite en général par l’Accoord. Ce qui est en jeu sur ce sujet, c’est bien la qualité des interrelations entre les habitants d’un même quartier, d’un même territoire. L’échange réciproque qui fonde la rencontre est une source de richesse pour tout un chacun, il est un des moteurs de la création de lien social.

Les actions déjà conduites dans ce cadre sont déjà nombreuses et diversifiées (fêtes, repas, ateliers, visites et voyages, multimédia, …), mais doivent être mieux connues et capitalisées.
L’Accoord dispose d’une expertise originale en la matière, mais doit encore amplifier son ambition en la matière, dans une société ou la cohésion sociale ne cesse de se fragiliser.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir : 

  • L’attention à l’intergénérationnel à l’Accoord, résonne directement avec notre volonté d’agir pour « le bien vivre ensemble ». Il passe naturellement par le partage des valeurs et du cadre global de notre projet associatif. La conscience de l’autre, et son respect en sont le moteur, et nous devons l’alimenter. 
  • Il faut sans doute rappeler que cette préoccupation majeure doit trouver d’abord toute sa force dans l’expression du projet social. Au-delà des activités facilitant cet intergénérationnel, il s’agit d’en faire un enjeu du projet, un enjeu pour le « bien vivre ensemble » dans le quartier, dans la ville. L’animation dans et hors structure doit porter cette ambition. 
  • La spécificité d’un certain nombre de nos lieux d’activités (espaces livres, jeux, multimédia, …) invite de fait à travailler à la rencontre intergénérationnelle des publics. C’est un bien précieux, qu’il convient sans doute de mieux valoriser
  • La fonction d’accueil, l’empathie, la convivialité sont des éléments structurants à même de faciliter cette rencontre intergénérationnelle. Le non cloisonnement des espaces, du temps, des activités sont des conditions de réussite à prendre en compte impérativement. 
  • Le fonctionnement des équipes se doit aussi de bien intégrer cette dimension, et ce malgré parfois des contraintes importantes (lieux, temps de travail, compétence,…). Un véritable projet d’équipe en la matière doit pouvoir être défini et mis en oeuvre. 
  • Le partenariat avec des acteurs associatifs notamment (associations familiales, du 3° âge, ou autres) est essentiel pour faire vivre cette dimension de notre projet. La valorisation et la visibilité des actions conduites avec cette attention doit être renforcée significativement. 

9 La continuité éducative 

L’ACCOORD est un acteur majeur sur les questions éducatives, indéniablement engagé pour la réussite de tous les enfants et les jeunes nantais. Les travaux importants conduits ces dernières années (Projet éducatif, référentiel qualité de l’accueil éducatif, projets pédagogiques, refonte ados,…) ont accentué cette position. C’est au travers des multiples actions éducatives qui sont développées par les CSC, les espaces jeux et livres, les ateliers et accueils de loisirs éducatifs enfance et ados que se développe son action. Agissant par l’éducation populaire, l’ACCOORD promeut les concepts d’éducation globale, de coéducation, de continuité éducative, en agissant principalement dans le temps libre de l’enfant

En 2013, la loi de refondation de l’école a institué le Projet éducatif territorial (PEDT). Tel que défini par la loi, c’est un projet qui doit favoriser la mobilisation de « toutes les ressources d’un territoire afin de garantir la continuité éducative entre les projets des écoles et des établissements et les activités proposées aux élèves en dehors du temps scolaire, et donc offrir à chaque enfant un parcours éducatif cohérent et de qualité avant, pendant et après l’école » [viii].Pour la première fois, une loi reconnaît l'existence et l'intérêt d'une gouvernance partagée de l'éducation entre service public national et service public local

Depuis 2014, la charte nantaise de la réussite éducative détermine un socle de valeurs partagées par la communauté éducative nantaise et le PEDT « Bien Grandir à Nantes » au travers de quatre orientations a pour visée de décliner la politique publique et renforcer la cohérence et la complémentarité des partenariats à l’oeuvre sur le territoire. 

Depuis septembre 2015, s’est engagée une démarche de territorialisation du PEDT dans les 11 quartiers nantais. Cette dynamique vise à mettre en oeuvre la politique publique d’éducation avec l’ensemble des partenaires, au plus près des besoins des enfants, des adolescents et de leurs familles dans chacun des quartiers. 

L’implantation CSC Accoord au coeur des quartiers, la multitude des actions éducatives développées par l’association en direction des enfants, des adolescents et des familles, l’implication de ces acteurs dans les projets que nous développons, positionnent l’Accoord au premier plan de cette réflexion collective par quartier.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • Renforcer encore le lien nécessaire entre projet social et le projet éducatif de l’Accoord et les projets pédagogiques des structures éducatives attachées au CSC. 
  • Poursuivre le travail de reconnaissance par l’ensemble des acteurs de la communauté éducative de l’importance sociale et éducative de notre action en direction des enfants, comme des adolescents. 
  • A ce titre, poursuivre et amplifier notre implication dans le PEDT nantais et sa traduction dans les 11 quartiers. Participer ainsi à la définition et la mise en oeuvre de véritables stratégies de réussite éducative dans les quartiers
  • Poursuivre notre travail d’élévation de la qualité de l’action éducative dans nos structures en veillant à ce que les projets pédagogiques soient en phase avec nos références partagées (Projet éducatif, référentiel qualité de l’accueil éducatif, projet accompagnement à la scolarité, …). 
  • Poursuivre le travail sur l’accessibilité de l’ensemble de notre « offre éducative » (dans toutes les dimensions, notamment administratives). 
  • Renforcer notre lien aux parents, aux familles en cherchant à mieux les impliquer dans nos projets, et plus globalement dans l’action éducative locale. 
  • Renforcer et améliorer l’information de l’ensemble de la communauté éducative (dont les parents bien sûr) sur ce que promeut et conduit l’Accoord, au plan éducatif. 
  • Amplifier les effets positifs de la réorganisation de l’offre d’animation en direction des adolescents, corriger certaines difficultés qui demeurent. 
  • Travailler à la cohérence de nos différents modes d’intervention en matière d’action éducative. Dans ce cadre de préoccupation, l’animation du mercredi en année scolaire reste un sujet complexe qui appelle à revoir notre projet pédagogique et nos pratiques, au bénéfice des enfants. 

10 L’égalité 

L’égalité est une des valeurs de la république, elle fait partie également des valeurs fondamentales de l’Accoord et constitue à ce titre un idéal à servir. Si conceptuellement on sait se référer à elle, il est souvent plus difficile d’établir réellement sa mise en vie. C’est alors que l’on peut convoquer l’équité, qui consiste à « agir pour mettre chacun sur un même pied d’égalité ». En ce sens l’équité vise à créer les conditions pour que chacun accède à l’égalité réelle. L’Accoord agit depuis longtemps contre l’accroissement des inégalités, mais force est de constater que notre société accroit toujours plus fortement ces inégalités. Dans un même mouvement, certains aujourd’hui, cherchent en permanence à exacerber la peur de l’Autre, à stigmatiser la différence, donc à cultiver l’inégalité. 

Dans cette perspective, l’Accoord se doit de redoubler d’effort pour tendre vers l’égalité réelle, dans ses objectifs, dans ses activités comme dans son fonctionnement. C’est une exigence de tous les moments qui doit s’appuyer sur un réel volontarisme, et des choix assumés.

Une ambition pour l’Accoord pour les années à venir 

  • La vocation éducative de l’Accoord, l’engage à travailler cette question de l’égalité dès le plus jeune âge. Au-delà de ce que promeut le projet éducatif, il est essentiel que les projets pédagogiques de nos accueils de loisirs (enfants et adolescents), tout comme de nos autres accueils éducatifs (espaces livres, jeux, multimédias, ateliers,…) intègrent un travail éducatif sur cette question. 
  • La lutte contre toutes les formes de discrimination doit constituer un axe fort de notre action, et ce de manière continue. Ce travail passera notamment par de l’information, de la formation et de la valorisation. 
  • L’attention au public porteur de handicap doit s’inscrire dans cette préoccupation également. La révision de nos procédures d’accueil, et leur adaptation à un environnement et une exigence qui évoluent est aussi nécessaire. 
  • La question de l’accès aux droits doit faire partie plus explicitement de notre travail d’accueil et d’accompagnement des habitants les plus en difficulté, ou en fragilité (santé, services bancaires, énergie,…). Des partenariats sur ce plan doivent être recherchés et développés afin d’être efficaces dans l’action. 
  • Une attention renouvelée aux phénomènes (grandissant) de paupérisation et d’isolement de certaines populations doit être remise en débat dans l’élaboration des projets sociaux. Notre rôle doit être plus affirmé en matière de lutte contre les effets de ces phénomènes, le combat pour l’égalité passe aussi par là. 
  • Pour assurer le suivi d’une telle question, il est nécessaire que l’Accoord se dote d’outils de veille et de suivi. Un travail partenarial doit pouvoir nous aider sur le sujet, des contacts ont déjà été engagés. 

«… si les valeurs se troublent, si les idées s’effacent, si le sentiment gagne qu’il n’y a plus ni projets à former, ni choix à faire, si l’extrémisme se nourrit chez nous de l’égoïsme et de l’indifférence, cependant qu’ailleurs s’étendent la misère et le fanatisme, faut-il s’y résigner ? Assurément NON, ce serait consentir à de nouveaux drames… Il nous faut inventer les possibles ! »

 

Notes :
[i] « La république du réel, c’est celle qui invite à apporter des réponses nouvelles aux questions d’aujourd’hui en matière d’emploi, d’égalité de lutte contre les discriminations, de justice sociale » Johanna Rolland, maire de Nantes, le 04/01/2016. 
[ii] Par Droits Fondamentaux, on entend : Droits de l’Homme et du Citoyen (1948), Droits de l’Enfants (1989). 
[iii] PASC : Politique d’animation sociale et culturelle ; PEDT : Projet éducatif de territoire.
[iv] Les quartiers « politique de la Ville », sont ceux ciblés par le nouveau contrat de ville signé en décembre 2015 entre la Ville de Nantes et l’Etat (Dervallières...) 
[v]  L’Economie Sociale et Solidaire regroupe des entreprises (mutuelles, coopératives, associations, fondations) qui ont comme caractéristique majeure de ne pas réserver le profit éventuel de leur action à quelques-uns. Elle le destine en général au développement du projet. 
[vi]  Projet éducatif de l’Accoord reformulé et validé le 19 mars 2015. 
[vii] Travaux de JL Lascoux, juriste et formateur à la médiation. 
[viii ]Article D.521-12 du code l’éducation